Le paradis de Queuille, du méandre au barrage
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Le petit village de Queuille, dans les Combrailles, est connu pour le large méandre de la Sioule en contrebas.
Bien qu'un des hameaux voisins se nomme « Queuillette », il ne s'agit pas du paradis des cueilleurs mais plutôt des pêcheurs !
En partant de l'église de Queuille, située juste au pied du château aujourd'hui disparu, cette balade va jusqu'au barrage, puis remonte la sioule sur l'autre rive, jusqu'au creux du méandre.
Un peu plus de 15km de marche, en un peu plus de 5h.

Zone arpentée

Itinéraire emprunté

En cliquant sur chacune des images dans la narration ci-dessous, vous aurez accés à la même image, en haute résolution (25 fois plus grande).

Je garde volontairement les images du méandre, vu de Queuille, pour la fin, tant elles sont connues.
La route du barrage qui descend depuis Queuille est goudronnée sur les trois premiers kilomètres. Elle est bordée d'arbres, mais ça et là affleurent des roches.
Un peu plus loin, un côté de la route est colonisé par des violettes. En remontant en fin de journée, j'aurai même l'agréable surprise d'en saisir l'odeur, les fleurs ayant été chauffées par le soleil.
Les ruisseaux dévalant du relief sont nombreux, et comme ils descendent tous en cascade, le bruit de l'eau et de l'écume est un fond sonore fréquent.
La route descend tranquillement vers le barrage. En trois kilomètres, l'altitude va descendre de 240 mètres environ.
Et voici le ruisseau de Queuille, qui est un affluent de la Sioule.
La route le longe en le surplombant parfois de plusieurs mètres. Le grondement est alors amplifié et impressionnant.
Un peu plus loin, une autre cascade vient gonfler le ruisseau de Queuille...
...tandis que, de l'autre côté, ce sapin domine outrageusement la route et les arbres voisins, à plus de dix mètres de hauteur.
La route circule entre la parcelle numéro 21 à droite...
...et la numéro 20 à gauche.
La pente est forte, et l'érosion aussi. Difficile de dire si cet arbre est parvenu à pousser parmi les pierres, ou si c'est la croissance de ses racines qui les a brisées en petits morceaux.
Ça et là, quelques concrétions rocheuses résistent à la colonisation par le règne végétal.
De nombreux arbres sont couchés, le sol ayant fini par céder, peut-être avec l'aide du vent.
Au centre, les couleurs de cette pierre semblent avoir servi de référence pour le choix des couleurs des tenues de camouflage de l'armée.
Il est temps de franchir le ruisseau de Queille par ce petit pont.
Du pont, voici la vue en amont...
...et la vue en aval.
Juste après le pont, le ruisseau se voit renforcé par un autre affluent.
La route goudronnée, qui longe cet affluent, part vers le hameau de Moignoux...
...tandis que la route du barrage devient une piste en terre un peu plus étroite à partir d'ici, sur laquelle les croisements sont difficiles, sinon impossibles, d'où ce panneau d'avertissement.
Et bien entendu, faire demi-tour me conduirait à Queuille.
Les bords de la piste sont pentus et boisés...
...y compris au bord du ruisseau de Queuille.
Par endroits, des arbres menacent de s'effondrer sur la piste.
Encore un affluent.
Le ruisseau s'est élargi et continue de faire un vacarme de tous les diables, avec toutes ces pierres qu'il saute.
Sur la rive opposée, un arbre a failli tomber jusque dans le ruisseau, mais a été retenu in extremis par un confrère.
Le ruisseau de Queuille continue son cours dans un vacarme, avec toutes ces micro-cascades...
J'atteins le premier panneau indiquant la proximité du barrage.
Lorsque le ruisseau de Queuille rejoint la Sioule, c'est dans une sorte d'estuaire large, en fait une étendue d'eau un peu en marge du cours normal de la rivière. Du coup, cette eau, bien que non stagnante, s'écoule beaucoup moins rapidement. Les berges en cet endroit sont également beaucoup plus larges, et il n'est pas rare de trouver des pêcheurs allant en voiture jusqu'ici. Ce panneau n'est probablement pas là sans raison...
Voici cet « estuaire ». À droite, une rampe permet de remonter sur le chemin du barrage.
Autre vue, prise presque les pieds dans l'eau.
La piste passe suffisamment en hauteur pour ne pas risquer d'être inondée a priori.
Les traces d'érosion sont omniprésentes. Ce n'est pas le ciel qui risque de me tomber sur la tête, mais la paroi...
Encore un affluent, encore une cascade. Admirez, sur les pierres les plus basses, les multiples filets d'eau.
La piste arrive au bout de l'« estuaire » du ruisseau de Queuille, et oblique pour suivre le cours de la Sioule. Un petit promontoire se cache derrière les arbres.
De l'autre côté de la piste, cet agencement est visiblement de construction humaine. Peut-être une ancienne borne délimitant un domaine, ou le reste d'un portail sur la piste ?
Voici le promontoire d'un peu plus près.
Du promontoire, j'ai une meilleure vue sur le confluent entre le ruisseau de Queuille et la Sioule.
Sur l'autre rive de la Sioule, une proéminence rocheuse se dénude en une plage de galets, qui a tout de même l'air un peu pentue.
Voici le sommet du promontoire.
On voit un tout petit peu mieux l'amont.
Voici maintenant la vue en aval.
Une dernière vue sur la pointe ouest du promontoire.
Et, avant de partir, une vue de la plage de galets mentionnée un peu plus haut...
...ainsi que sur les autres concrétions rocheuses en aval.
De retour sur la piste, j'essaie de trouver une trouée pour photographier l'une de ces concrétions, et le hasard a voulu que la partie gauche du relief soit épousée par l'une des branches.
J'arrive dans une clairière...
...alors qu'en face, il semblerait qu'il existe un chemin le long de la rive.
Un peu plus loin, les pierres et les arbres sont envahis par les fougères.
La piste s'approche d'un relief imposant. Notez aussi, juste au-dessus du reste de souche au sol, un arbre que je qualifierais bien d'arachnéen, au vu des nombreuses branches qui partent dans toutes les directions.
Les arbres le long de la rive sont désormais remplacés par des rochers. Au fond, apparaît le barrage ainsi que l'une des constructions associées.
Un dernier rocher, et en arrière-plan, la paroi de l'un des flancs du barrage.
Depuis ce rocher, voici la vue sur l'amont.
La même en zoomant sur la Sioule.
En parlant de Sioule, celle-ci prête son nom à la forêt alentour. Notez au passage l'arrivée dans la parcelle numéro 22.
Une meilleure vue sur le flanc du barrage. Il s'agit en fait d'un chenal permettant l'évacuation du trop plein d'eau, en cas de crue provoquant l'élévation du niveau de la Sioule au-delà du niveau nominal du barrage, matérialisé par le « muret ». Ce jour, le niveau est très proche de cette limite.
Et voici enfin le barrage !
Construit de 1901 à 1904, et mis en service en 1905, le barrage est haut de 32 mètres, avec une largeur de 24,30m à sa base et 116 mètres au sommet, sur une largeur de 5 mètres. Le volume d'eau retenu est d'un peu plus de 6 millions de mètres cubes, donc 6 milliards de litres.
Notez les quatre colonnes vertes surmontant les quatre captages.
Un dernier panneau met en garde les audacieux. La note en blanc, dans le coin, laisse supposer que la bêtise humaine est sans limites.
Un chemin descendant permet d'aller au bord de l'eau. Notez l'amoncellement de débris de bois le long du barrage.
Le barrage donne l'impression d'avoir été installé en force. La paroi rocheuse au niveau du barrage surplombe totalement le chemin.
Un déversoir se situe également de ce côté du barrage.
En arrivant près de l'amas de branches d'arbres, je dérange deux canards qui y maraudaient.
La piste, qui traverse le barrage, est trop étroite pour que puisse y circuler une automobile, mais il est nécessaire de dissuader les deux-roues...
...lesquels ne devront pas excéder trois tonnes.
La pente des rochers étant orientée vers le chemin, l'eau ruisselle le long de leurs arêtes et abreuve le sol de la piste. Admirez les couleurs de la fleur téméraire qui pousse en haut à gauche.
Est-ce l'eau ? La partie basse du rocher paraît plus foncée que le reste.
Je m'avance sur le barrage.
Ses créateurs ont pris soin de laisser leur nom sur l'édifice.
En aval, la Sioule continue, mais bien plus bas. Admirez la ligne électrique quittant l'usine hydroélectrique.
Voici les quatre captages.
Et voici la vue sur l'amont de la Sioule, depuis le barrage.
Les canards que j'ai dérangé sont allés nager à bonne distance.
Voici le chemin par lequel je suis arrivé.
Sur le barrage, de chaque côté, une bouée est prête en cas d'urgence. Celle de la rive droite est blanche, celle de la rive gauche est orange, et les deux semblent bien usées à force de rester en plein air.
(Merci de ne pas me faire remarquer que j'ai loupé la mise au point, je le sais).
Meilleure vue sur le déversoir.
Celui-ci récupère au passage, avec fracas, les eaux d'un affluent en rive gauche.
Me voici sur l'autre rive. Voici l'autre face du barrage.
En m'éloignant un peu le long d'un chemin censé être réservé au personnel EDF (et au bout duquel j'ai vu de nombreuses personnes pêcher...), j'obtiens une meilleure vue sur l'usine...
...ainsi que sur l'aval de la rivière.
J'en profite pour prendre une vue complète du déversoir.
En remontant, je ne tarde pas à croiser l'affluent dont je parlais un peu plus haut.
Dès le premier lacet de la route qui remonte, j'aurais une belle vue du barrage, s'il n'y avait tous ces arbres...
Sur la route, je croise une petite limace, couleur basalte comme il se doit dans la région.
Quelques dizaines de mètres plus haut, un sentier part sur ma gauche. Je le suis afin de revenir vers l'amont de la rivière.
Ici, un arbre s'est effondré sur la ligne électrique et tire le poteau vers l'arrière, mais ce dernier résiste encore.
Si un arbre s'est effondré, c'est parce qu'un énième torrent dévale la pente en fragilisant le sol. Notez, en haut, la ligne électrique, sur laquelle est venu s'empaler un débris d'arbre.
Meilleure vue du débris.
Bien que le but de ce sentier soit de revenir vers la rivière, celui-ci monte.
Sur le côté, les arbres sont si fins et si nombreux qu'ils forment un taillis.
Et pendant ce temps, le chemin continue de s'élever...
...et de s'élever...
...jusqu'à la jonction avec le chemin de randonnée descendant du hameau du Bouchet, au nord. Cette jonction me permet d'avoir une vue sur les reliefs voisins, ici le grand Motaillas...
...ainsi que sur le hameau de Moignoux...
...et, tout à droite, reconnaissable à sa motte d'arbres un peu moins dense, le paradis de Queuille, partiellement masqué par des arbres en contrebas.
Cependant, je ne tarde pas à trouver un meilleur point duquel voir Queuille, et quelques-unes de ses habitations.
Mon chemin continue sur un sentier beaucoup plus étroit et quelque peu boueux, mais le panneau confirme qu'il s'agit du bon chemin.
Et je pénètre sur la parcelle 13-et-du-lierre.
Si j'en crois cette pomme de pin au milieu du sentier, le temps est humide et le restera.
Sur cette rive aussi, les affleurement rocheux sont nombreux.
Tout comme les arbres déracinés. Au travers des troncs, le ruisseau de Queuille et la Sioule sont visible comme des taches blanchâtres.
Enfin, le chemin descend.
Je croise un arbre fantastique.
Au travers des troncs, le ruisseau de Queuille...
...mais lorsque les arbres sont des résineux, il n'est plus possible de distinguer le moindre cours d'eau.
Le chemin descend et le soleil commence à percer les nuages, ce qui n'est pas pour me déplaire.
Une zone un peu moins boisée m'offre de nouveau vue sur la Sioule.
J'arrive même sur une zone suffisamment dégagée pour avoir une vue sur la piste par laquelle je suis arrivé au barrage...
...et le promontoire sur lequel j'étais un peu plus tôt. Notez, derrière lui et en direction du hameau de Moignoux, une parcelle de pins bien sages.
J'ai, en cet endroit, la première vue sur le méandre depuis la rive gauche, partiellement gâchée par les arbres. Face à moi, Queuille.
Zoom sur le promontoire de tout à l'heure.
Le sentier devient plaisant, mais empierré.
Un peu plus bas, une meilleure vue sur le méandre...
...alors que le sentier devient encore plus étroit...
...tout en continuant de descendre.
Par moments, je distingue la Sioule en amont du méandre, sur ma droite.
Une nouvelle vue du Paradis de Queuille. Derrière les arbres, la masse imposante de la pierre est bien visible.
Au hasard d'une autre trouée, voici encore une vue amont.
Reprenons notre descente.
Un arbre avachi ne suffira pas à me bloquer le passage.
Mais comme je suis dans la forêt, je me dois de poser la question qui s'impose : « Houx, y es-tu ? ». La réponse est visiblement « oui », car tout d'un coup les houx sont nombreux et de grande taille, comme ces deux-ci.
Encore un obstacle.
Soudain, je découvre le pot-aux-roses : une colonie de vacances clandestine pour champignons.
Me voilà arrivé aux ruines de Murat, datant du temps où cette rive de la Sioule était cultivée, au début du XXème siècle.
L'intérieur de la maison est en piteux état.
Le toit en est même partiellement effondré.
Ceci n'a pas dissuadé de nombreux visiteurs de matérialiser leur visite. À droite de la fenêtre, un graffiti est daté de 2015, ou est-ce 2016 ?
Quant aux murs extérieurs, ils sont devenus la proie de la végétation.
Enfin, près de la maison se trouve bien évidemment un puits, dans un triste état.
Les ruines passées, le sentier doit me conduire au bord de la Sioule.
Les obstacles sont cependant nombreux.
Me voilà donc arrivé au bout du monde ; si j'avance, je vais en tomber, aussi le panneau de signalisation du sentier de randonnée me demande de faire demi-tour.
Encore une colonie de vacances pour champignons, mais celle-ci dispose d'une étoile au guide Michelin (en bas, à droite).
Au bord de la Sioule, un âtre témoigne d'un ancien bivouac. La pierre décorée provient sans doute des ruines.
Et me voici au bord de la Sioule.
Même d'en bas, les rochers de la rive de Queuille sont visibles.
En remontant, je trouve encore un arbre déraciné. Celui-ci semble avoir protégé, en guise de trésor, quelques pierres...
Ces arbres m'ont plu.
Quelques vues en remontant.
La pente est rude pour remonter !
Encore un peu de végétation.
Dur, dur, de remonter tout ce qui a été descendu !
Encore des arbres poussant avec, ou malgré, des pierres...
Ce rocher aux cheveux verts et au long nez fait face à la Sioule. Est-ce une sentinelle ou un contemplatif ? En tous cas, mon passage ne semble aucunement le distraire de son activité.
Après avoir atteint la jonction, je n'ai plus qu'à redescendre jusqu'au barrage.
Ce dragon est extrêmement bien camouflé. Il a même couvert ses naseaux de mousse afin de masquer la fumée qui s'en échappe.
Une étude en vert.
De retour à Queuille, je fais un détour par le panorama « officiel » du méandre. Celui-ci se trouve proche de la motte sur laquelle était jadis situé le château.
Une croix se trouve un peu plus bas.
En bonus, voici le panneau d'informations à destination des touristes. Vous y trouverez, entre autres, l'explication du nom « Paradis de Queuille ».
Voici le méandre depuis le point de vue habituel de Queuille, vu sur des millions de cartes postales (mais la photo des cartes postales est prise en été).
La même, avec le barrage en arrière plan, tout au fond.
L'amont de la Sioule, depuis le même point de vue.