Autour du signal du Luguet
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Le but de cette balade était d'aller taquiner le signal du Luguet, qui est le plus haut sommet du Cézallier (1551 mètres), pendant les derniers jours de beau temps d'octobre.
Malheureusement, la météo n'a pas été aussi clémente que ne le laissaient entendre les prévisions. Je referai ce trajet au printemps prochain afin d'améliorer ce compte-rendu, qui a de quoi laisser sur sa faim.
Environ 22km de marche, en 5h, pause collation comprise.

Note : conformément aux traditions mycologiques du secret, aucune information sur la présence de champignons comestibles, ainsi que leurs éventuelles quantité et qualité, ne sera divulguée ici.

Zone arpentée

Itinéraire emprunté

En cliquant sur chacune des images dans la narration ci-dessous, vous aurez accès à la même image, en haute résolution (16 fois plus grande).

La plupart des circuits présentés partent de Parrot, ce qui leur permet de rester relativement courts (dans les 8km aller-retour).
J'ai voulu suivre un chemin plus long, effectuant plus d'un demi tour du signal dans le sens des aiguilles d'une montre, sur une longueur d'un peu plus de 20km aller-retour.
Mon choix de point de départ est le lieu-dit « la Barre », au sud-ouest du Luguet. Cela s'avère un assez mauvais choix, car la route qui y mène est étroite (donc croisement difficile), et il n'y a pas d'endroit où stationner sans gêner (et de toute façon, pas plus d'un véhicule). Je vais essayer d'aller au lieu-dit « la Boriette » à Anzat la prochaine fois...
Après une montée courte mais raide, le sentier que je compte emprunter pour passer par le bois de la Barre est également un itinéraire VTT balisé.
Le temps est couvert mais pas trop, la vue est encore dégagée.
Le chemin monte...
...et monte...
...entre les pâturages...
...pour s'approcher de la lisière du bois.
Le bois de la Barre est une réserve de chasse, le sentier est en fait un chemin de lisière.
Vue du bois sur ma gauche.
Qui dit forêt dit champignons.



Me voilà sorti du bois. Le ciel s'est bien couvert.
D'ailleurs, les nuages s'attaquent aux reliefs au loin.
J'arrive au croisement avec le chemin qui provient du bois d'Anzat. Je vais donc prendre à droite.
Pas la temps de douter de ma direction : elle m'est confirmée par ce poteau.
Je suis désormais sur un large chemin de terre. Ce n'est pas le type de chemin que je préfère, mais c'est sans doute ce qu'il y a de mieux pour faire des kilomètres... et des kilomètres, il m'en reste !
Un autre inconvénient d'être sur un chemin large entre pâturages : je reçois le vent de plein fouet. Et il soufflait bien, ce jour là (autour du 40 km/h avec des rafales à 70 km/h, d'après les prévisions météo).
Sur ma droite, j'ai vue sur le signal du Luguet et le bois de la Croix des Champs qui lui donne cette coupe en brosse.
Tiens, une fleur de feu.
Mine de rien, le chemin monte. Attention à éviter les bouses de vache.
Je ne suis pas le seul à être balayé par le vent. À ma gauche apparaissent des éoliennes en plein travail, dans le lointain.
Une « écluse » à troupeaux, parmi tant d'autres de part et d'autre du chemin...
...lequel continue à monter, pendant que les nuages continuent de descendre.
Ici, un point d'eau.
Ailleurs, des burons.
Et ce chemin qui ne cesse de monter !
Un autre buron, un peu plus moderne.
En regardant sur ma gauche et derrière moi, le soleil peine à percer les nuages...
Quoi qu'il en soit, je suis certainement sur le bon chemin.
Et maintenant, une page de publicité.
En arrière plan, on distingue bien un creux dans le relief...
...qui suit grossièrement le chemin...
...lequel ne cesse de monter.
Encore un buron, au loin.
Toujours ce creux...
...dont voici l'explication : il s'agit de la vallée, déjà encaissée, de la Sianne et de ses premiers affluents.
Bien sûr, à cause du relief, la Sianne elle-même n'est pas visible. Pas plus que sa source qui est plus loin...
...car le chemin oblique (tout en montant, évidemment).
Une dernière vue sur la vallée de la Sianne. La zone couleur terre est en fait une tourbière au bord de l'étang de Thioulouse, qui se situe à peine 200 mètres en aval de la source de la Sianne, à la réception de ses premiers affluents. Notez le buron de Thioulouse, au loin.
Comme de bien entendu, le chemin monte.
Et comme il a changé de direction, le point de vue sur ma gauche change. Mais les nuages viennent gâcher la fête.
Ce panneau incongru vient rappeler qu'en hiver, les champs ne sont pas occupés par le bétail et sont disponibles pour la pratique du ski de fond. Et la pente à gauche est effectivement bien raide.
Meilleure vue du panneau.
Un autre panneau, juste à côté, m'indique que je touche presque au but.
Et malheureusement, la vue est frustrante.
Pour changer, le chemin monte.
En me retournant, j'ai une meilleure vue sur l'étang de Thioulouse, de forme triangulaire, au loin.
De nombreux piquets de clôture par ici portent ce motif.
Le chemin monte un peu moins, mais la visibilité se réduit fortement. Regardez à droite, la couche nuageuse est à peine au-dessus du sol, et comme le chemin monte, je ne vais pas tarder à y entrer.
50 nuances de blanc.
Un lombric s'agite sur le chemin. Cherche-t-il le meilleur endroit où creuser, alors que le chemin est plutôt rocheux ici ? Je n'aurai pas la réponse à cette question, et je ne verrai pas le lombric au retour, sans doute attrapé par un des nombreux oiseaux.
Encore un poteau à l'intention des skieurs.
À côté, au sol, un panneau à l'intention des marcheurs.
Quand je vous disais que j'allais me faire avaler par les nuages !
Bon, il semblerait que j'aie un peu de répit.
Nouveau panneau. J'ai donc parcouru 1,5km depuis le précédent. Mais je suis sur ma faim, car ce qui m'intéresse n'est pas de passer au pied du signal, mais d'y monter !
Je suis parti à 1250 mètres d'altitude, le panneau en indique 1509, il est temps que cette montée cesse.
En ce moment, avec cette météo, ce panneau est sans doute la plus grosse frustration de la journée.
Un jet de pierre plus loin, je touche enfin au but : cet échallier va me permettre de cesser de tourner autour du Luguet, et de lui rendre visite.
La distance portée sur le panneau a de quoi me surprendre. Je suis à quelques centaines de mètres, à vol d'oiseau. Se peut-il que le chemin serpente de façon particulièrement sous-optimale pour atteindre une telle longueur ? Ou s'agit-il d'une ruse pour dissuader les promeneurs de s'aventurer plus loin ?
Quoi qu'il en soit, l'échallier est vite franchi, et le chemin semble me conduire... nulle part, merci les nuages.
Mais il oblique légèrement et je distingue une masse compacte sur la droite : le sommet.
Le chemin semble buter sur une clôture, sans échallier. C'est normal, il y a des vaches de l'autre côté de la clôture, en contrebas, c'est pourquoi l'échallier est plié et posé au sol. Quant au chemin, il continue sur la droite, à angle droit.
Enfin, peut-on encore parler de chemin ? Il s'agit d'un dégueulis de mottes de terre compactes, tassées par le poids des engins agricoles dont les traces de pneumatiques resteront visibles tout le long du sentier.
Il s'agit là de la partie la plus difficile de l'ascension : d'abord parce que c'est l'endroit où la pente est la plus importante, et ensuite parce que l'état du sol brise le rythme de l'ascension, chaque pas devant être calculé et assuré avant de procéder au suivant.
Je m'offre une pause à mi-montée, pour souffler. Admirez le point de vue sur ma gauche.
Heureusement, la montée est assez courte. Me voilà presque au sommet, le bois n'est qu'à quelques dizaines de mètres.
Le chemin continue en pente douce à distance respectable de la forêt. J'attends avec impatience de croiser un chemin qui s'en rapproche.
Et quelques minutes plus tard, mon souhait est exaucé. Par contre, la visibilité a encore diminué. Je ne vais plus avoir la clôture comme point de repère matériel, je dois donc être très vigilant et noter le plus de détails possible afin de pouvoir revenir sur mes pas en toute confiance.
En particulier, cet échallier couché par le vent.
Il semblerait que je m'apprête à m'enfoncer dans l'inconnu.
Mais en approchant de la forêt, comme celle-ci forme un obstacle sur le passage des nuages, ceux-ci sont un peu moins denses. Autre détail à repérer : cet archipel de rochers.
Face à la forêt, je décide de partir à gauche. Il aurait été plus rapide de partir à droite, mais ce sera pour une autre fois.
Encore une fois, tous les détails sont bons à noter. Ce piquet est droit ; d'autres du même style, rencontrés plus loins, seront inclinés voire couchés.
Cette grosse pierre semble s'être réfugiée sous l'arbre.
Le chemin longeant la forêt, qui était à peu près plat, descend soudain parmi une zone fortement rocheuse.
Encore une cabane...
Et je finis par arriver au chemin qui s'enfonce dans la forêt, reconnaissable aux larges ornières creusées par les engins agricoles.
Sitôt dans la forêt, comme prévu, les assauts du vent cessent, je peux retirer ma capuche et mon bonnet, la température est même plutôt douce.
Le chemin traverse la forêt tout droit, de part en part.
Au bout du chemin, c'est de nouveau la mer de nuages qui m'attend.

Je préfère rebrousser chemin, et m'arrêter prendre une collation, assis sur un tronc d'arbre abattu quelque part au bord du chemin. J'avais même pris quelques photos, mais elles sont ratées pour cause de luminosité ambiante trop faible.
Revenant sur mes pas, après être sorti de la forêt, je ne tarde pas à revenir à la zone rocheuse...
...et la laisser sur ma droite.
Et ce n'est que revenu au chemin qui m'a conduit vers la forêt, que je remarque ce panneau qui semble m'indiquer que j'aurais trouvé le chemin pénétrant la forêt plus vite si j'étais parti à droite. Mais ce n'est pas bien grave, puisqu'en faisant le tour de la forêt, j'étais sûr de revenir à mon point de départ.
La visibilité ne s'est pas améliorée, mais ne s'est pas réduite non plus ; je n'ai aucun mal à retrouver l'échallier penché.
Dès lors, je n'ai plus qu'à longer la clôture, et je peux regarder un peu plus tranquillement la végétation alentour.
Derrière la clôture se trouve un champ de pierres.
Après une délicate descente, me voilà de retour à l'échallier couché. Je n'ai plus qu'à partir à gauche. Et c'est à ce moment que la pluie a commencé à tomber. Je n'ai plus rien d'autre à faire que de revenir sur mes pas, donc à peu près 8km sous la pluie. Charmant programme !
La visibilité ne daigne pas s'améliorer.
Vous aussi, devenez charmeur de serpents de fil de fer barbelé !
On dirait que les nuages se lèvent quelque peu.
Me voilà de retour au croisement me permettant de revenir au bois de la Barre.
Une fleur, pour changer un peu.
Roc avec son arbre de compagnie.
Enfin, le bois.
Le chemin regorge de champignons toxiques, si vous êtes intéressés...
Mais il est très plaisant à arpenter, surtout après des kilomètres de chemin de terre...
...et s'il monte un peu au retour, ce n'est pas grave.
Champignon toxique et timide...
...contrairement à eux.
S'il faisait beau, il y aurait de beaux reliefs en arrière-plan...
...tout comme ici.
Il semblerait que des gouttes d'eau se soient déposées sur l'objectif de mon appareil photo.
Cet arbre a voulu pousser du mauvais côté, mal lui en a pris car il a perdu toutes ses feuilles.
Il aurait du prendre exemple sur son voisin, qui ne les a pas (encore) perdues.
L'orée du bois est proche.
Dernière ligne droite vers les pâturages en contrebas.
Encore un point de vue gâché par la météo.
Descente vers le lieu-dit de la Barre. On voit la route par laquelle je suis arrivé.
De l'autre côté, un mur de pierres retient le sol, pour combien de temps ?
Après une dernière descente douloureuse, retour à mon point de départ.